Fourre-tout mon blog ?

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Non ! Un lien : l’amour des mots ! Qu’ils soient lus, écrits, filmés… ils rythment mon quotidien et guident mes expériences professionnelles.

Vous trouverez ici mes impressions de lecture, mes chroniques littéraires en vidéo, mes démos de voix off... et au fil des pages quelques mots sur la montagne, parce qu'elle ne me quitte pas!

mardi 10 avril 2012

Désolations de David Vann



Amateurs de littérature américaine, voilà un chef d'oeuvre du genre... L'histoire d'abord: Sur les rives du lac Kenai en Alaska, Irène et Gary abordent la retraite après trente ans de mariage. Leurs enfants ont grandi et ont quitté le domicile familial. Seule Rhoda, leur fille, continue d'entretenir des liens étroits avec ses parents. Alors qu'elle même s'interroge sur sa vie sentimentale et ses inéluctables déceptions, elle va être le témoin du drame qui se joue entre son père et sa mère. Gary, homme solitaire et sombre, reproche en silence à sa femme de l'avoir empêché de mener la vie dont il rêvait, à savoir vivre dans une cabane en bois sur une île isolée au milieu du lac. Irène quant à elle, n'arrive toujours pas après trente ans de vie commune, à croire en l'amour que lui porte son mari. Ils ont en commun ce sentiment d'être passés à côté de leurs vies respectives, d'avoir râté, échoué, tout ce qu'ils ont entrepris, de s'être trompés, finalement. Mais à cinquante ans passés, le constat est on ne peut plus douloureux. C'est cette douleur et cette amertume omniprésentes qui rendent le roman de Vann si intense. Irène et Gary vont néanmoins commenecer à construire la fameuse cabane dont le mari rêve depuis toujours. Irène contrainte et forcée, et Gary convaincu que la réalisation de ce projet arrive bien trop tard et est donc forcément voué à l'échec. Ensemble ils n'ont même plus la force de croire en leur rêve, ce sont deux personnages au bout du rouleau, sans échappatoire possible. Le lecteur est en convaincu dès le début de l'histoire, le roman va être cette lente progression vers un dénouement que l'on ne peut imaginer que dramatique. Un huit clos étouffant, dans une nature aussi sauvage que superbe. Vann réussit à construire un récit aussi glacial que les rives du lac, aussi sombre que les forêts de sapin, aussi implacable que l'hiver alaskien. Une vraie réussite.

1 commentaire:

  1. Beau billet ! C’est un roman qui m’a complètement happée.
    Tout à fait en accord avec toi !
    Un très grand roman !

    Merci, Alice.

    Constance

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